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mardi 4 mai 2010

IIC (International Institut for Conservation of historic and artistic works) se joint à la protestation internationale sur la délocalisation du C2RMF

Ci-joint, la lettre de protestation envoyée à plusieurs personnalitées de la conservation et de la restauration Française.
Notamment à Monsieur Philippe BELAVAL ,Directeur Général des Patrimoines,Ministère de la Culture & de la Communication.


Cher M. Belaval,

Le IIC tient à exprimer sa profonde inquiétude au sujet du projet de déménagement du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF). Tout en ayant conscience que le Musée du Louvre doit continuellement optimiser ses espaces pour assumer ses missions, force est de reconnaître la contribution essentielle du C2RMF à plus de 1200 collections muséales à travers la France.

L’importance de l’emplacement du Centre dans une grande métropole servant de plaque tournante en matière de transport et de recherche académique et technique, ne doit pas être sous-estimée. Les avantages d’un lien direct du C2RMF avec le Louvre sont nombreux et bénéficient au Louvre même, lui conférant une position de leader dans le domaine de la préservation et de la recherche scientifique sur le patrimoine. Le IIC attire également votre attention sur le fait que la rupture de ce lien causée par le déménagement aura sur le long terme un impact négatif sur les nombreux musées et institutions diverses de France et sur l’ensemble de la communauté internationale qui bénéficie des travaux du Centre.

L’importance du C2RMF pour la communauté internationale doit être soulignée. Ses contributions ont été considérables et essentielles pour une préservation rationnelle et réussie du patrimoine culturel. Les travaux du Centre traduisent clairement l’intérêt et l’engagement de la France pour la préservation du patrimoine, non seulement à l’échelle du pays mais également au plan mondial.

Nous espérons que vous voudrez bien reconsidérer le projet de déménagement et maintiendrez les installations du C2RMF au coeur de cet important centre urbain et au sein de l’un des plus grands musées du monde, le Louvre.

Très respectueusement votre,

Jerry Podany
IIC President

Jo Kirby Atkinson
IIC Secretary-General


--------------------------------------- ENGLISH VERSION ------------------------------------

IIC has joined the international protest at the proposed relocation of the Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF).A copy of the letter of protest, sent to a number of senior conservation and heritage figures in France follows:
Monsieur Philippe BELAVAL,Directeur Général des Patrimoines,
Ministère de la Culture & de la Communication

Dear M. Belaval

The IIC would like to express its deep concern regarding the possible relocation of the Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF). While we are keenly aware that the Louvre Museum must continually seek the efficient use of its space to meet its mission, the value of the C2RMF to more than 1200 collections across France is clear.

The importance of the Centre’s location in a major city, serving as a transportation, scholarly and technical research hub for much of Europe, cannot be overstated. The advantages of the close association of the Centre with the Louvre (administratively and through its location) are many and reflect well upon the Louvre itself, promoting the Louvre’s position as a leader in the field of heritage preservation and scientific research. IIC also points out that the disruption caused by this relocation will have a long term negative impact upon the many museums and institutions across France that depend upon the Centre’s work and the international community which benefits from C2RMF’s work

The importance of C2RMF to the international community cannot be over emphasized. Its contributions have been monumental and essential to the logical and successful preservation of cultural heritage. The Centre’s work reflects positively on the interest and commitment of France to heritage preservation not just within the country, but globally.

We hope you will reconsider this relocation and support the Centre’s facilities within an important urban centre and within one of the world’s great museums, the Louvre.

Yours respectfully,

Jerry Podany
IIC President

Jo Kirby Atkinson
IIC Secretary-General


vendredi 23 avril 2010

AGLAE, DIVINITE GRECQUE, IMMORTELLE, VA-T-ELLE MOURIR ?

AGLAE, cette divinité grecque, la plus jeune des trois Grâces, tapie dans un superbe laboratoire, au pied du LOUVRE, bien qu’éternelle, risque de mourir prématurément. Cet instrument scientifique, avatar improbable, en 1989, d’un certain centralisme français, est aujourd’hui en grand danger sous l’action d’un centralisme, aujourd’hui, parfois destructeur.

En effet, AGLAE (Accélérateur Grand Louvre Analyse Elémentaire ), instrument scientifique, admiré dans le monde entier, est en grand danger.

AGLAE mis en œuvre au début des années 90, se situait dans le droit fil de la longue histoire de la science au service de l’Histoire de l’Art.

Tout commence avec une grande dame, MADELEINE HOURS, qui peu après la guerre conçoit de mettre l’excellence scientifique au service de l’Histoire de l’Art. Mais elle est impuissante à faire partager sa passion au Corps des conservateurs de musée, pourtant concernés au premier chef. Mais, de GAULLE régnant, MALRAUX qui a le sens de la grandeur, donc de l’excellence, appuie efficacement Madeleine HOURS et lui ouvre les portes de la Télévision nationale à 20 h, découvrant au grand public la vie mystérieuse des chefs d’œuvre. Rapidement le laboratoire est détaché du LOUVRE pour devenir, Centralisme oblige, le laboratoire de recherche des Musées de France, le LRMF.

Dans les années 70 GEORGES AMSEL, un excellent physicien du laboratoire de l’Ecole Normale, développe l’idée qu’un petit accélérateur de particules peut apporter à l’étude des œuvres d’art une contribution décisive. Là encore, miraculeusement, le Centralisme français, par ailleurs si néfaste, profite de l’opération GRAND LOUVRE pour concevoir un bijou d’architecture souterraine afin d’y regrouper, autour d’AGLAE, les équipes du laboratoire de recherche des musées de France. L’équipe d’AGLAE, animée par un excellent physico-chimiste, est aujourd’hui mondialement connue et admirée. Il a conçu un développement ambitieux, baptisé AGLAE 2, qui suscite un intérêt international considérable, balayer de la main par la responsable du service des musées de France. Mieux, le BRITISH MUSEUM projette un laboratoire de proximité, souterrain lui aussi. Demain, peut-être, une copie à PEKIN au moment où le LOUVRE perdrait son laboratoire?

Les services du Ministère de la CULTURE travaillent depuis deux ans sur un projet de transfert et de regroupement en banlieue. Certes le regroupement, hors AGLAE, de certaines équipes aujourd’hui dispersées ( recherche sur les monuments historiques, sur les documents graphiques ), peut avoir un sens.

Notamment un projet NANTERRE, à proximité d’une université en développement. En revanche le projet le plus récent, à CERGY-PONTOISE, qui prévoit le déménagement probable d’AGLAE, n’a aucune pertinence, autre qu’électoraliste.

De fait, techniquement, l’accélérateur n’est pas réellement transportable et sa vraie valeur, construite au cours du temps, est constituée de l’ensemble des compétences de l’équipe qui l’entoure et que va disperser rapidement la poursuite de projets dénués de signification scientifique. Déjà le CNRS, comme le CEA, dont les soutiens financiers et intellectuels sont essentiels, ont déclaré se retirer de ce projets déraisonnables.

Double paradoxe :

  • le Jacobinisme, en principe néfaste, a pu, parfois, rendre possibles des projets d’avant-garde.

  • Mais comment le plus grand musée du monde et le plus prestigieux peut-il, pour récupérer quelques m2, au terme d’une mesquine querelle de bornes, oublier aujourd’hui son ambition et son intérêt à long terme ?

Et leçon suprême : il n’est pas d’autre règle pour diriger la Cité que de se garder de toute idéologie et de rechercher obstinément l’excellence. Pour cette raison, il y a vingt cinq siècles, SOCRATE avait bu la cigüe.

Maurice BERNARD,

Ancien directeur du laboratoire de recherche des musées de France

Directeur de l'Enseignement de la Recherche de l'Ecole polytechnique de 1983 à 1990.

mardi 20 avril 2010

Lettre de soutien


Un professeur américain, directeur à l'université de Cleveland, écrit au ministre de la culture et au directeur du Louvre.

Le Dr. Heuer collabore depuis de nombreuses années avec le laboratoire du C2RMF sur le programme Bernard Palissy.